Publier un livre : édition, auto-édition, compte d’auteur… Il n’y a pas de mauvaise solution, et Marcel Proust en est la preuve !

Nombreux sont les jeunes (ou moins jeunes) auteurs qui s’interrogent sur la meilleure façon de faire éditer un livre. Bien sûr, l’édition à compte d’auteur, c’est chic, c’est classe, c’est noble, toussa toussa. Et le reste, c’est la merde ? C’est ce qu’on dit, mais je n’y crois pas. Tout dépend des objectifs de chacun, mais l’auto-édition et l’édition à compte d’auteur ne sont pas (forcément) à dénigrer (systématiquement). Et vous savez quoi ? Marcel Proust est d’accord avec moi !

Marcel_Proust

Marcel Proust, jeune auteur en galère

Et pour cause : le jeune Marcel Proust, bien que plus ou moins devenu la référence ultime de la littérature française et lauréat du prix Goncourt en 1919, était à l’époque en galère. Révolutionnant l’écriture et la promotion littéraire, il prenait gifle sur gifle dans l’univers de l’édition traditionnelle. Mais le bonhomme ne lâche pas l’affaire et déclare même : « mon roman sera publié, dussé-je me faire imprimeur. »

Au final, seul un jeune éditeur accepte de lui faire confiance. Et vous connaissez sans doute son nom : Bernard Grasset. Rockstar du bouquin avant l’heure, Nanard invente le marketing littéraire dès le début du XXème siècle, avec la mise en place de stratégies publicitaires pour lancer les livres qu’il édite. Et ça fonctionne pas mal, puisque deux de ses auteurs ont obtenu le prix Goncourt en 1911 et 1912.

Bernard Grasset, nouvel éditeur visionnaire

Mais comme tout ceci est encore expérimental, Grasset adopte une pratique jugée comme scandaleuse par la NRF (mais plutôt courante à l’époque) : l’édition à compte d’auteur… ce qui n’a pas l’air d’effrayer Marcel Proust, qui paie les frais d’impression et intéresse l’éditeur à la vente mais reste propriétaire de son œuvre et devient donc co-éditeur.

Marcel Proust est donc peut-être bien le premier mec à pratiquer à la fois l’auto-édition et l’édition à compte d’auteur en même temps. Bordel, ça secoue !

On n’est jamais mieux servi que par soi-même…

Et pleinement investi avec une double-casquette d’auteur et d’éditeur, il décide d’éditer son premier chef d’oeuvre en plusieurs volumes. L’accord est signé avec Grasset : 1250 exemplaires du premier tome sont imprimés, dont 1000 pour la vente et 250 pour le service de presse et l’auteur. Vous connaissez la suite… ou vous en avez une vague idée.

Mais ce qui est bon dans tout ça, c’est que Marcel Proust est allé chez Bernard Grasset parce que Gallimard avait refusé son manuscrit.

 



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jemabonne

 

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