Comment devenir ghostwriter : y a-t-il un bon CV pour devenir écrivain privé et comment faire pour devenir un nègre littéraire ?

François Mitterrand avait coutume de dire qu’en politique, on commence par écrire des choses qu’on ne signe pas, et on finit par signer des choses qu’on n’écrit plus. L’hypothèse est séduisante, mais je vous le donne en mille : si cela inspire le ghostwriter qui sommeille en vous, vous faites fausse route.

Sauf exception (qui confirme la règle, comme il se doit) et quel que soit le profil particulier de chaque nègre littéraire, le point commun des soutiers de l’édition saute aux yeux : ils sont devenus ghostwriters parce qu’ils étaient déjà introduits dans le milieu littéraire et qu’ils avaient publié un ou plusieurs ouvrages.

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N’imaginez donc pas décrocher un contrat pour écrire le livre de quelqu’un d’autre en envoyant votre CV de jeune diplômé de Sciences-Po ou de professeur de français aux grandes maisons d’édition parisiennes, c’est peine perdue. Et pour cause : il n’y a aucune raison objective de confier l’écriture d’un livre à quelqu’un qui n’en a pas déjà écrit.

Pour devenir nègre littéraire, le préalable est donc d’avoir déjà publié un bouquin. Contradictoire ? Pas vraiment : écrire un livre est un travail particulier et il est plutôt sensé de s’adresser à quelqu’un qui l’a déjà fait. C’est la logique des offres d’emploi avec la mention « expérience préalable nécessaire » !

Oubliez donc les e-mails en série et les CV en furie. La méthode la plus efficace est encore de s’appliquer à écrire correctement un livre, avec un style fluide et accessible qui pourrait donner envie à quelqu’un de vous dire : « et ça te dirait pas d’écrire un livre sur… ? » A défaut d’un juteux contrat de nègre-à-pipole, vous hériterez peut-être d’une commande de manuscrit !

A noter qu’on peut devenir ghostwriter « par hasard » ; il est arrivé à certains auteurs novices de recevoir une proposition d’un genre particulier. Pour faire simple, on leur offrait un joli montant en échange d’une cession totale des droits d’auteur sur leur manuscrit, au profit d’une personnalité plus connue (un acteur, une présentatrice télé, un animateur radio…). Ensuite, le choix appartient à chacun.

Certains assument parfaitement leur statut de ghostwriter, nègre littéraire, écrivain privé… Peu importe le terme. C’est après tout une honnête façon de gagner sa vie si on parvient à décrocher suffisamment de contrats (et à les négocier convenablement). D’autres refusent de reconnaître cette activité plumitive, comme si elle était infâmante, mais sont restent ravis d’encaisser les chèques qui vont avec.

Autre point commun : ceux qui font ce métier affirment qu’il est souvent frustrant d’écrire pour une autre personne, celle-ci s’appropriant ensuite complètement le livre et oubliant généralement (en tout cas publiquement) qui a mené le travail de recherche et d’écriture. Mon opinion, c’est que je n’en ai absolument rien à cirer. Quand on accepte d’écrire un livre pour quelqu’un d’autre, il s’agit d’un boulot, pas d’une question d’ego.

 



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